Un confinement en musique "made in Rouen"

Publié le : 
Mercredi 25 mars 2020 - 07h30
Thème d’actualité : 
culture
Copie d'écran clip "Desir" de Tallisker

Et si c'était le moment de (re)découvrir les artistes, chanteurs et musiciens rouennais ? Petite sélection des morceaux qui vont squatter votre enceinte connectée ces prochains jours.

C'est un carnet de voyage aux notes subtiles que propose Tallisker, avec la sortie récente d'un 4 titres intitulé "Azadi", que l'on pourrait traduire du perse par le mot "liberté". La pop-électronique de la Rouennaise soudain sublimée par les sonorités venues d'Iran, de Paris ou de New York. Un choc des cultures qui sonne comme une évidence. La route a sans doute été longue, mais elle a toujours été formidablement éclairée. Ci-dessous, le clip de "Desir", tourné dans un autre pays, une autre contrée à défricher.

On ne présente plus La Maison Tellier. Ils sont comme des compagnons de longue date, un amour lointain, mais aussi une flamme fragile, qu'il convient de maintenir en vie. Quoi de mieux qu'une petite mise en danger, une sortie osée sur un terrain qui n'est - a priori - pas le sien ? En février 2020, les Rouennais mettaient en image une chanson que les fans avaient dégusté en concert déjà : le tube de Mylène Farmer, "Désenchantée". Le groupe qualifie lui-même cette petite sucrerie de "plaisir coupable". Le morceau ne figure pas sur l'album "Primitifs modernes", sorti l'an dernier, mais ce n'est pas une raison pour ne pas l'écouter. Pour la petite histoire, la captation proposée ci-dessous a été réalisée par Sourdoreille dans les locaux d'Expotec 103. Une chouette rencontre entre le Centre d'Histoire Social de Rouen et quelques musiciens parmi ses plus beaux représentants.

Rouen, terre de rap, ce n'est plus à démontrer. Des créations, des talents, des projets musicaux, des sorties sauvages sur YouTube, il faudrait plus de dix doigts pour les compter. Retenons ADM, repéré place du Vieux-Marché lors de la dernière édition des Terrasses du Jeudi et produit par le label local Mouton Noir Records. C'est irrévérencieux à souhait, plus fin qu'il n'y paraît. ADM distille ses morceaux au compte goutte. Après "La nuit" et "Chef", c'est au tour du titre "Les petits mouchoirs (et un grec)" d'envahir les écrans (on aurait dit les ondes autrefois). Le rap d'ADM est lui bien actuel.

Dans le grand monde de l'électro, Brook Line s'est faufilé, à coup de productions léchées. Un peu plus de 20 ans maintenant, et déjà une expérience qui le place parmi les meilleurs de sa génération. Dj, producteur, performer, Brook Line aime autant le confinement du studio que la liberté de la scène. Couvé par Le 106, accompagné par le label Mouton Noir Records (encore !), le Rouennais poursuit son chemin, au rythme de ses sorties musicales. La dernière date du 5 mars dernier, elle a pour titre "Night Curves" et met en avant une colaboration avec le rappeur Emcee Agora.

Deux guitares, une basse, une batterie et un micro. Il n'en faut pas plus à We Hate You Please Die pour tout retourner sur son passage. Après avoir refait la déco de la cave du 3 Pièces à plusieurs reprises, le groupe rouennais a passé la vitesse supérieure en un éclair. En quelques mois à peine, ils ont surpris des milliers de personnes sur la scène de Rock en Seine, l'un des plus gros festivals européens, avant d'étouffer les spectateurs dans des lieux plus intimes, comme La Maroquinerie ou La Boule Noire en février dernier. Leur album "Kids are Lo-Fi" est brut, authentique et dénué de tous complexes. Punk is not really dead.

Et pour clore cette play-list non exhaustive, les MNNQNS. Vous le savez maintenant, on prononce "Mannequins" en anglais. Ils étaient le groupe rouennais de l'année 2019, mais en 2020, ils ne vont pas faire grand chose pour arranger ça. Après une tournée mondiale, après la sortie d'un album "Body negative", après la reconnaissance du milieu, après la signature avec un grand label anglais, après tout, il reste encore les morceaux de MNNQNS. Accrochés, accrocheurs, visiteurs du présent et inspirés par l'histoire du rock, les Rouennais sont à mettre entre toutes les oreilles, pour peu qu'on aime les mélodies, les beaux arrangements et les cours d'eau qui débordent à la moindre vibration.

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