Rouen naturellement

On le dit et on le répète : la planète est en danger. Il nous faut tous agir pour limiter les effets du réchauffement climatique. Les désordres sont nombreux et ne vont cesser de s’aggraver si l’on ne fait rien.

Chacun peut y contribuer. A son échelle. Aussi, la Ville a-t-elle décidé de montrer l’exemple et de s’engager elle-même pour lutter contre les effets redoutés du réchauffement et préparer la ville de demain.

C’est le sens de Rouen naturellement, le plan de renaturation de la Ville de Rouen.

Les signes du réchauffement climatique

L'augmentation de la production de gaz à effet de serre est due essentiellement à l'activité humaine. Piégés, ces gaz (notamment le dioxyde de carbone CO2, le méthane CH4, le protoxyde d'azote N2O et l'hexafluorure de soufre SF6) provoquent une hausse de la température. C'est la principale cause du réchauffement climatique observé ces dernières années.

Un certain nombre de signaux alarmants sont visibles sur toute la planète.

Augmentation des températures moyennes

En 2015, la température moyenne planétaire a progressé de 0,74°C par rapport à la moyenne constatée au Xxe siècle. D’ici 2100, la température pourrait encore grimper de 8°C dans les villes d’Europe.

A Rouen, le 31 juillet 2020, la station météo France du Jardin des Plantes a enregistré la température de 41,7°C à l’ombre. Cette température enregistrée est la plus élevée depuis l'existence des relevés (1920).

Réduction de la biodiversité et diminution des ressources naturelles

42% des espèces végétales sont aujourd’hui menacées (source : UICN). Une extinction qui aura nécessairement des conséquences aussi pour l'être humain.

Le changement climatique engendre également de redoutables effets sur les productions agricoles dans de nombreux points du globe (Asie, Afrique, zones tropicales et subtropicales). Ces crises sont à l'origine de graves pénuries alimentaires, sources de conflits et de migrations.

Augmentation des risques environnementaux

L'évolution du climat modifie la fréquence, l'intensité, la répartition géographique et la durée des épidodes météo violents telles que les tempêtes, inondations, sècheresses.

Il est plus que probable que le réchauffement facilite la transmission de maladies animales potentiellement dangereuses à l'homme.

L'acidification des eaux est un autre fléau provoqué par le réchauffement climatique en menaçnat les récifs coraliens.

Augmentation du niveau de la mer

Avec 26 à 98 cm prévus d'ici 2100 selon les différentes hypothèses, l'augmentation du niveau de la mer va inonder certaines zones côtières voire engloutir des îles et contraindre les populations à se déplacer.

Réponse de la ville au dérèglement climatique : la renaturation

Qu’est-ce que la renaturation ?

Le renaturation désigne les processus, naturels ou avec l’intervention de l’homme, par lesquels la nature se réinstalle spontanément dans la ville. Il s’agit de restaurer le bon état écologique des sites à travers des opérations d’aménagement, de gestion des espaces et de sensibilisation des usagers. La renaturation ne se limite pas à la revégétalisation.

  • assurer un retour de l’équilibre des sols,
  • permettre la création de corridors écologiques qui impacteront favorablement la faune et la flore,
  • retrouver une interaction entre les espèces, élément essentiel dans l’équilibre des écosystèmes,

Plus de 6000 espèces ou variétés de plantes peuvent trouver une place au cœur d’un milieu urbain (source JBF). Un territoire intégrant 30 % d’espaces naturels permet de diminuer de 50% l ’effondrement des espèces

Rééquilibrer le rapport minéral/végétal dans l’espace public

La Ville de Rouen se compose de 360 ha d’espaces verts soit 17 % de la superficie globale de la ville

Lutter contre les îlots de chaleur

Un Platane peut offrir 80 % d’ombre au sol.

La ville de Montréal au Canada vient récemment de végétaliser 46 km de ses rues afin de limiter les îlots de chaleur.

  • Permettre à la Ville de Rouen d’entrer dans une nouvelle ère, celle de la Ville nourricière grâce au développement de l’agriculture urbaine,
  • créer un projet de société viable en milieu urbain,
  • accompagner les citoyens et les gestionnaires de la Ville dans une mutation culturelle afin de reconsidérer notre rapport à la Nature,
  • réduire les pollutions et engager un combat en faveur de la santé.

Atteindre le chiffre de 30 % de végétalisation du territoire permettrait de limiter la hausse des températures tout en favorisant la biodiversité,

Des trames bleue, brune, verte noire

Mesure issue du Grenelle de l’environnement destinée à enrayer le déclin de la biodiversité, la trame verte et bleue est une démarche qui vise à maintenir un réseau d’échanges pour que les espèces animales et végétales puissent circuler, s’alimenter, se reproduire.
 
A la trame verte (maillage d’espaces verts plus ou moins connectés) et à la trame bleue (réseaux de cours d’eau et de zones humides) s’ajoutent la trame brune (continuité des sols) et la trame noire (espaces où l’on favorise la vie nocturne en luttant contre la pollution lumineuse).
 
Le projet de renaturation de la Ville agit sur ces quatre leviers avec l’ambition de construire un écosystème de la nature urbaine.

Les 3 piliers de la démarche de renaturation

L’action d’urgence

  • Plan paysage. Il fixe les grandes orientations pour transformer la ville.
  • Plan ombrage. Il doit permettre le déploiement de nouveaux alignements d’arbres tout en renforçant les ensembles existants. Cela permettra la création de corridors écologiques.
  • Plan alimentation urbaine. Développement de la ressource alimentaire en lien avec les politiques d’insertion et l’économie sociale et solidaire
  • Inventaire global de la biodiversité. Pour connaître l’état actuel du monde vivant sur notre territoire
  • Renforcement de la biodiversité à travers le développement de la tonte différenciée
  • Actions de déminéralisation. Pour instaurer des trames vertes et brunes dans la ville
  • Requalifications complètes de sites

Le développement de l’innovation

La science accompagnera le projet pour protéger les ressources à travers :

  • Une gestion des espaces paysagers adaptée aux pratiques écologiques et permettant le recours aux expertises des agents de la collectivité
  • Une restauration et un renforcement de la Biodiversité,
  • Une consolidation des trames bleue, verte, brune et noire,
  • Une valorisation des espaces naturels tout en accompagnant la transition vers des réserves intégrales, sources essentielles de protection des espèces,
  • La création d’une instance démocratique de la nature en Ville composé des forces vives du territoire comme les citoyens, les sciences, les associations, le monde de l’entreprise, de la culture et de la santé.

Des initiatives de proximité

Appropriation de l’espace public par les gestionnaires de la collectivité et les administrés, pour que les habitants deviennent les "responsables de la nature en Ville" :

  • Renforcement de la formation des agents de la Ville et une ingénierie liée directement à l’opérationnel afin de créer une synergie et un accompagnement des équipes,
  • Affermissement de la co-élaboration des projets afin que les citoyens et les services imaginent et préparent la transformation de l’espace public.
  • Déploiement des espèces locales dans les aménagements de la Ville
  • Démarche en vue de restaurer ou d’installer des milieux "équilibrés"
  • Développement de l’évènementiel et des actions culturelles qui accompagneront le nouveau regard des citoyens sur la Nature, ses composantes et son équilibre dans une ville résiliente,
  • Développement des sciences participatives
  • Développement de l’éducation à la Nature, la médiation afin de renforcer la sensibilisation et l’appropriation des publics aux sujets de la Renaturation.
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