Experte en préparation à l’entretien d’embauche, La Cravate Solidaire Rouen fête ses 10 ans. Une décennie d’aide aux candidats par un travail sur le verbe et sur l’habit. Cela vaut bien un face-à-face avec le président de l’association, pas étranger à sa bonne tenue.
La cause de l’insertion professionnelle est bien servie au restaurant inclusif Léo à Table, dans le quartier de la Grand’Mare au rez-de-chaussée de l’immeuble Alpha. Idem au 1er étage, où l’on cuisine des candidats, souvent en restaurant leur image d’eux-mêmes : bienvenue dans les locaux de La Cravate Solidaire.
L’association a pour mission d’intervenir auprès des candidats et des employeurs pour assurer l’égalité des chances lors de l’entretien. Elle accompagne toute personne qui a un projet professionnel défini : stage, emploi, alternance, volontariat, formation.
Le cœur de son action, « l’atelier coup de pouce », consiste en un coaching image (tenue adaptée offerte), un coaching RH (discours de présentation avec simulation d’entretien) et une session photo dans le studio maison. Pour marquer son 10e anniversaire, La Cravate Solidaire donne une réception à l’Hôtel de Ville vendredi 27 novembre.
70 % de réussite pour les bénéficiaires
« Nous allons réunir une centaine de personnes à la Salle des Mariages, se réjouit le président Ghislain Dupont. Il y aura les prescripteurs, autrement dit ceux qui nous confient leurs candidats (France Travail, la Mission Locale, France Terre d’Asile, Éducation et Formation…), les donateurs publics et privés, mais aussi plusieurs bénéficiaires. Je voudrais que ce soient eux qui parlent. »
Pas du genre à se mettre en avant, Ghislain Dupont. Le président, à la tête de l’association depuis 3 ans, ne posera pour une photo qu’entouré d’autres bénévoles. Comme ils sont 60, dont 40 très actifs, le trésorier Max Audibert (à gauche sur la photo) les représentera tous. Un peu la mémoire de La Cravate Solidaire, du haut de ses 9 ans d’engagement.
« Notre exercice a pour vocation de (re)donner confiance en eux aux candidats, de leur transmettre des clés, les codes verbaux et non verbaux de l’entreprise, indique Max. La recette fonctionne : 70 % d’entre eux accèdent au projet visé. » La Cravate Solidaire a bien grandi depuis son lancement en 2016. Elle compte deux salariés, complétés par un service civique. Le dressing s’étoffe année après année. « On n’a jamais deux fois l’occasion de faire une bonne première impression ! », glisse Max.
513 candidats aidés en 2025
Si Ghislain s’efface volontiers derrière son compère, il ne se prive pas d’affirmer sa vision. Cet ex-commercial chez Bouygues et ancien cadre dirigeant pour Grands Moulins de Paris a les idées claires. « Ici le bénéficiaire ne choisit pas sa tenue, il adopte celle qui lui est conseillée : on n’est pas un magasin. Nous collectons des vêtements que les donateurs pourraient porter eux-mêmes lors d’un entretien : on n’est pas une friperie. Généralement, les candidats ne passent chez nous qu’une fois : on ne fait pas de mentorat. »
Le solide président, originaire de région parisienne et Rouennais depuis une vingtaine d’années, maintient le cap. « Depuis 2023, notre lutte contre les discriminations à l’embauche passe par des ateliers hors les murs, avec notre camionnette itinérante en Seine-Maritime et dans l’Eure pour faire tomber les barrières à la mobilité des personnes en recherche d’emploi. »
L’impact de La Cravate Solidaire en 2025 ? 513 candidat.e.s coaché.e.s, et plus de 4 tonnes de vêtements collectées. Avec deux expériences d’entreprenariat à son actif (construction de maisons individuelles à la fin de sa carrière, location de bateaux au tout début), Ghislain sait mener sa barque.
