Visite virtuelle : les œuvres de la Halle aux Toiles
En 1959, la Ville de Rouen organise un concours pour orner la Halle aux Toiles (en pleine reconstruction) d’œuvres d’art variées. Elles sont exécutées en 1961. La nature des décors, de même que les thèmes et les emplacements, sont spécifiés. Les architectes Henri Jullien et Raymond Barbé, aux commandes d’une « œuvre globale » (faisant écho aux principes du mouvement moderne), contrôlent leur cohérence au regard de l’architecture intérieure et du mobilier conçu par Maxime Old.
Raymond Subes et Robert Couturier, qui signent respectivement la ferronnerie de l’escalier d’honneur et la figure féminine sculptée qui le surplombe, interviennent en dehors du cadre de ce concours. Bien des artistes se connaissent, et plusieurs enseignent à l’école des Beaux-Arts de Rouen.
La Seine voisine semble serpenter d’une œuvre à une autre : elle est couverte de bateaux bariolés sous le pinceau de Robert Savary, s’impose comme un axe du développement industriel rouennais dans le cycle peint par Georges Mirianon (dans l’imposante salle des fêtes), devient un aimable lieu de baignade sur la fresque de Léon Toublanc, tandis qu’une eau agitée vibre sur les pavés de céramique de Jean Lesage et de Jean-Claude Mauger, au rez-de-chaussée.
In 1959, the City of Rouen launched a competition to adorn the Halle aux Toiles—then under reconstruction—with a diverse collection of artworks. These were completed in 1961. The nature of the decorations, along with their themes and placements, were precisely defined. Architects Henri Jullien and Raymond Barbé, overseeing a "global work" (echoing the principles of the Modernist movement), ensured their coherence with the interior architecture and the furniture designed by Maxime Old.
Two notable contributors, Raymond Subes (who crafted the railing of the grand staircase) and Robert Couturier (author of the sculpted feminine figure crowning it), worked outside the framework of this competition. Many of the artists knew one another, and several taught at the Rouen School of Fine Arts.
The nearby Seine River appears to meander from one artwork to the next: it teems with colorful boats under Robert Savary’s brush, emerges as a central axis of Rouen’s industrial development in Georges Mirianon’s painted cycle (inside the grand banquet hall), transforms into a pleasant bathing spot in Léon Toublanc’s fresco, while turbulent water ripples across the ceramic paving stones by Jean Lesage and Jean-Claude Mauger on the ground floor.


Premier étage / First floor
Foyer / Foyer
N°1. Robert COUTURIER (1905-2008), Sans titre, 1961. Métal, verre / Robert COUTURIER (1905–2008), Untitled, 1961. Metal, glass.
Cette silhouette féminine, faite de grandes plaques d’acier doré découpées et soudées, est décomposée : c’est quand on en fait le tour qu’on lui reconnaît des bras, un sein, une tête. Le sculpteur déconstruit ici le réel à la manière des cubistes. Robert Couturier consacre une large partie de sa production aux représentations féminines, comme Matisse qu’il fréquentait et Maillol dont il était le disciple. Il débute sa carrière en sculptant des personnages aux formes pleines et arrondies, à la manière de son maître, mais sa production devient plus abstraite après-guerre : il abandonne le modelé et déforme la figure humaine, géométrisée. C’est un temps marqué par l’essor de la sculpture du métal, que les artistes n’hésitent plus à travailler au chalumeau ou au fer à souder, dans la lignée de précurseurs comme Picasso ou Julio González.
This feminine silhouette, composed of large cut and welded golden steel plates, is fragmented: it is only when circling it that one discerns arms, a breast, and a head. Here, the sculptor deconstructs reality in the manner of the Cubists. Robert Couturier devoted much of his work to female representations, following in the footsteps of Matisse, whom he frequented, and Maillol, whose disciple he was. He began his career by sculpting figures with full, rounded forms in the style of his master, but his post-war production became more abstract: he abandoned modeling and distorted the human figure, geometrizing it. This period was marked by the rise of metal sculpture, which artists no longer hesitated to shape with blowtorches or welding irons, following in the footsteps of pioneers like Picasso and Julio González.

N° 2. Jean-Pierre DEMARCHI (1928-1979), Paire de hauts-reliefs abstraits, 1961. Fer forgé, cuivre / Jean-Pierre DEMARCHI (1928–1979), Pair of Abstract High-Reliefs, 1961. Wrought iron, copper.
Connu pour ses interventions à la frontière du figuratif et de l’abstrait, Jean-Pierre Demarchi fait ici le choix assumé de l’abstraction. En 1959, l’artiste crée des appliques faites d’un assemblage métallique similaire, destinées à orner le foyer du théâtre municipal du Mans : en bas-relief, de taille réduite, élégantes et discrètes. Deux ans plus tard, pour la Halle aux Toiles, l’artiste réalise ces appliques monumentales en haut-relief en exploitant pleinement les possibilités du métal dans ses variations de couleurs, tirant profit de la bichromie entre le fer et cuivre, mais aussi en jouant sur les textures. Demarchi alterne ainsi les vides et les pleins, les tiges plates et les cylindres, les surfaces accidentées et les patines. Maxime Old, en collaboration avec Raymond Subes, travaille ces mêmes effets pour son paravent en fer, laiton et acier de la salle du conseil municipal (Hôtel de Ville de Rouen, 1963).
Known for his work at the intersection of figurative and abstract art, Jean-Pierre Demarchi here deliberately embraces abstraction. In 1959, the artist created wall-mounted pieces using a similar metal assembly, designed to adorn the foyer of the municipal theater in Le Mans: low-relief, small in scale, elegant, and understated. Two years later, for the Halle aux Toiles, he produced these monumental high-relief works, fully exploiting the expressive potential of metal—leveraging the bichromatic contrast between iron and copper while playing with textures. Demarchi alternates voids and solids, flat rods and cylinders, rough surfaces and patinas. Maxime Old, in collaboration with Raymond Subes, explored similar effects in his folding screen of iron, brass, and steel for the municipal council chamber (Rouen City Hall, 1963).

N° 3. Roger TOLMER (1908-1988), Panneau abstrait, 1961-1962. Toile marouflée sur paroi murale / Roger TOLMER (1908–1988), Abstract Panel, 1961–1962. Canvas marouflé (glued) to wall.
Le règlement du concours de 1959, qui exige pour ce panneau un sujet abstrait, rencontre parfaitement la recherche artistique de Roger Tolmer à ce moment particulier de sa carrière. À la fin des années 1950, ses échanges avec Braque lui inspirent le besoin de « révéler le réel se cachant sous la surface des choses » : pour y parvenir, l’artiste abandonne la figuration et l’expressionnisme caractérisant alors son œuvre pour se tourner vers l’abstraction lyrique. Marqué par la lecture de Jean Bazaine, il se met au défi de capter sur ses toiles un monde en perpétuel mouvement. Tolmer peint alors la « mutation des éléments dans le cadre d’un paysage lithique ». Ici, les coloris ternes des aplats gris et bruns, conformes aux termes du concours, sont pareils à des masses rocheuses au caractère changeant, en fonction de la lumière, de l’heure et du point de vue.
The 1959 competition regulations, which required an abstract subject for this panel, perfectly aligned with Roger Tolmer’s artistic exploration at this pivotal moment in his career. In the late 1950s, his exchanges with Braque inspired him to "reveal the real hidden beneath the surface of things." To achieve this, the artist abandoned the figuration and expressionism that had characterized his work, turning instead toward lyrical abstraction. Influenced by the writings of Jean Bazaine, he challenged himself to capture on canvas a world in perpetual motion. Tolmer thus painted the "mutation of elements within a lithic landscape." Here, the muted tones of gray and brown planes—compliant with the competition’s terms—evoke shifting rock formations, their appearance changing with light, time of day, and viewpoint.

Salle des fêtes / Reception hall
N°4. René COLLAMARINI (1904-1983), La Danse, 1961. Bois doré / René COLLAMARINI (1904–1983), The Dance, 1961. Gilded wood.
René Collamarini, sculpteur parisien connu dans les années 1930 pour ses sculptures classiques aux formes pleines, comme L’Automne du musée d’Art moderne (Paris), voit sa carrière évoluer après-guerre. L’artiste reçoit alors une série de commandes municipales, principalement dans la Somme, pour des œuvres singulières, qu’il sculpte d’un geste léger et agile. Cette ronde à trois personnages puise dans le thème antique de la danse des Trois Grâces. Loin d’en proposer une interprétation néoclassique et hiératique, comme Emile Morlaix, Collamarini insuffle mouvement et liberté dans les complexions. Les corps sont en branle, allongés à l’extrême, le danseur central est capturé dans un saut au-dessus de la porte. Leur légèreté est soulignée par le traitement élégant des vides et des pleins, rappelant la ronde de son groupe Jeunesse à Amiens (1951). Ce jeu plastique évoque aussi la sculpture d’Henry Moore, qui réalise des silhouettes féminines aux formes épurées, largement excavées.
René Collamarini, a Parisian sculptor renowned in the 1930s for his classical, full-bodied works such as Autumn (Musée d’Art Moderne, Paris), saw his career take a new direction after World War II. The artist then received a series of municipal commissions, primarily in the Somme region, for distinctive sculptures executed with a light and agile touch. This trio of dancers draws on the ancient theme of the Three Graces in motion. Far from offering a neoclassical, rigid interpretation like Émile Morlaix, Collamarini infuses the figures with movement and freedom, elongating their forms to the extreme. The central dancer is captured mid-leap above the doorway, while the interplay of voids and solids—rendered with elegant precision—enhances their weightlessness, echoing the circular composition of his Youth group in Amiens (1951). This dynamic approach also evokes the work of Henry Moore, whose female figures are similarly streamlined and deeply excavated.

N° 5. Georges MIRIANON (1910-1986), Panneaux sur l’histoire de Rouen, 1961-1962. Toile marouflée sur métal / Georges MIRIANON (1910–1986), Panels on the History of Rouen, 1961–1962. Canvas mounted on metal.
Pour les linteaux de la salle des fêtes, Georges Mirianon propose une plongée dans l’histoire de Rouen à travers les événements et les figures qui l’ont jalonnée, de Jeanne d’Arc au monde moderne en passant par les visites royales, les grandes découvertes, les écrivains et les autrices comme Simone de Beauvoir. La fresque s’achève avec l’industrialisation de la ville, incarnée par son port, présentant la Seine comme source de développement économique. Mirianon traite les figures avec un dessin libre et virevoltant comme des traits de fusains, évoquant les corps peints par Jean Souverbie (que Mirianon admirait), souvent suggérés avec délicatesse par une ligne noire et fluide. L’utilisation de hachures épaisses et la superposition de traits, rappelant la technique du pastel maîtrisée par l’artiste, accentuent le dynamisme de la frise et soulignent l’intensité dramatique de certaines scènes, comme la condamnation de Jeanne d’Arc.
For the lintels of the salle des fêtes (banquet hall), Georges Mirianon offers an immersive journey through Rouen’s history, depicting the key events and figures that have shaped it—from Joan of Arc to the modern era, including royal visits, great discoveries, and writers such as Simone de Beauvoir. The fresco concludes with the city’s industrialization, embodied by its port, presenting the Seine River as a driving force of economic development. Mirianon renders the figures with a free, swirling line reminiscent of charcoal sketches, evoking the bodies painted by Jean Souverbie (whom he admired), often delicately suggested by a fluid black contour. The use of bold hatching and overlapping strokes—reminiscent of the pastel technique mastered by the artist—enhances the dynamism of the frieze and underscores the dramatic intensity of certain scenes, such as Joan of Arc’s condemnation.

N° 7. Roger TOLMER (1908-1988), Abstraction, 1961. Toile marouflée sur bois / Roger TOLMER (1908–1988), Abstraction, 1961. Canvas mounted on wood.
Cette toile marouflée sur panneau de bois témoigne d’un moment-clé dans la carrière de Roger Tolmer. A la fin des années 1950, l’artiste abandonne l’expressionnisme pour se tourner vers l’abstraction, et se consacrer à des œuvres « tout en couleurs et en mouvements ». L’artiste joue alors sur les contrastes. Ici, les tons sont dominés par des couleurs vives, le rouge, l’ocre et l’orange, concentrés au centre, se détachant des aplats bleus-verts, rejetés sur les côtés. L’agencement bigarré de petites facettes tranchantes et brisées, traversant la composition, crée déséquilibre, mouvement et rythme. Le rouge, rehaussé de noir, s’accorde avec le cycle de l’histoire rouennaise de Mirianon, ornant les linteaux de la paroi vitrée. Le rouge est aussi la couleur privilégiée par l’artiste dans sa période abstraite. Pour autant, rares sont les œuvres de Tolmer rompant complètement avec la figuration : la forme libérée acquiert ici une indépendance totale.
This canvas mounted on a wooden panel marks a pivotal moment in Roger Tolmer’s career. In the late 1950s, the artist abandoned expressionism to embrace abstraction, devoting himself to works defined by "pure colour and movement." He began exploring contrasts, as seen here: the composition is dominated by vivid hues—red, ochre, and orange—concentrated at the centre, standing out against the blue-green expanses pushed to the sides. The scattered arrangement of sharp, fractured facets cutting across the work creates imbalance, dynamism, and rhythm. The red, accented with black, harmonises with the Mirianon cycle of Rouen’s history, adorning the transoms of the glass wall. Red was also Tolmer’s signature colour during his abstract phase. That said, few of his works entirely break from figuration; here, the liberated form achieves complete autonomy.

Galerie
N°6. Robert SAVARY (1920-2000), Vues de la ville de Rouen, 1961. Toile marouflée sur métal / Robert SAVARY (1920–2000), Views of the City of Rouen, 1961. Canvas mounted on metal.
Dans ce cycle dédié à Rouen, capturée dans une succession d’ambiances « au fil de la journée et de l’année », l’artiste rend hommage à la « ville aux cent clochers » où se dressent fièrement la cathédrale Notre-Dame, l’abbatiale Saint-Ouen ou encore l’église Saint-Maclou. Une large place est faite à la Seine. Seul un panneau représente un port de mer non identifié (peut-être Fécamp). Savary opère une synthèse originale entre réalisme (en faisant le choix d’une perspective classique), impressionnisme (en usant d’effets de lumière enveloppant les formes), et fauvisme (avec des touches de couleurs vives et fractionnées). Le style du peintre se reconnaît aussi à la juxtaposition d’éléments recomposés à la façon d’un patchwork, créant une dynamique singulière, similaire au diptyque de la gare de Rouen qui figure le Vieux Rouen et son port (1967).
In this series dedicated to Rouen, captured through a succession of atmospheres "throughout the day and the year," the artist pays tribute to the "city of a hundred spires," where Notre-Dame Cathedral, Saint-Ouen Abbey, and Saint-Maclou Church stand proudly. The Seine River occupies a prominent place. Only one panel depicts an unidentified seaport (possibly Fécamp). Savary achieves an original synthesis between realism (through a classical perspective), impressionism (using enveloping light effects that soften forms), and fauvism (with bold, fragmented brushstrokes of vibrant color). The painter’s style is also recognizable in his juxtaposition of recomposed elements, arranged like a patchwork, creating a singular dynamism akin to the diptych of Rouen’s train station, which portrays Old Rouen and its port (1967).

Salon / Lounge
N° 8. Robert SAVARY (1920-2000), Les Fleurs, 1961. Huile sur toile / Robert SAVARY (1920–2000), The Flowers, 1961. Oil on canvas.
Savary propose ici une nature morte qui s’accorde avec le thème imposé par le concours : « un motif de fleurs ». Des bouquets variés, juxtaposés à la façon d’un patchwork, débordent d’une table de jardin verte, assortie d’une ombrelle rose et d’une chaise d’extérieur en fer forgé. L’arrière-plan se résume à un fond bleu azur, à l’exception du jaune-ocre de la bande inférieure, évoquant du sable. Les ombres bleues projetées rappellent l’art des impressionnistes et leur recherche de la transcription de la lumière. Mais la palette de la composition florale rend plus directement hommage aux fauves, auxquels Savary emprunte un goût pour les couleurs vives et les aplats de matière. L’aménagement du salon permettait un jeu de correspondances sur ce thème des fleurs : la toile surplombait un arrangement floral et répondait aux jardinières incrustées dans des tables d’apparat de Maxime Old, aujourd’hui disparues.
In this still life, Savary adheres to the theme set by the competition: "a floral motif." Diverse bouquets, arranged in a patchwork-like manner, overflow from a green garden table, accompanied by a pink parasol and a wrought-iron outdoor chair. The background is reduced to an azure blue expanse, save for the ochre-yellow lower band, evoking sand. The blue shadows cast recall the Impressionists’ pursuit of capturing light, while the floral composition’s palette pays more direct homage to the Fauves, from whom Savary borrows a fondness for vibrant colours and bold, flat textures. The lounge’s layout once created a dialogue around this floral theme: the painting hung above a floral arrangement and echoed the planters embedded in Maxime Old’s ceremonial tables—now lost.

Rez- de-chaussée / Ground floor
Hall / Entrance hall
N°9. Léon TOUBLANC (1900-1990), Fresque allégorique, 1961. Peinture sur enduit frais / Léon TOUBLANC (1900–1990), Allegorical Fresco, 1961. Fresco painting on wet plaster.
Léon Toublanc est un artiste muraliste né à La Rochelle, formé à la fresque à l’école des Beaux-Arts de Paris par Paul-Albert Baudoüin. Sur cette peinture murale a fresco, il déploie une scène entre figuration et abstraction géométrique : cinq personnages évoluent dans un décor naturel évoqué par des arbustes effeuillés et des plages vert bleu, rythmées de vagues blanches stylisées. Les oiseaux évoquent les mouettes de la Seine, à la manière d’une autre fresque de l’artiste exécutée cinq ans plus tôt au Palais des Consuls, et incarnent l’espoir, la liberté, la confiance dans l’avenir. L’environnement est brisé en une multitude de facettes aux couleurs contrastées. Cette palette s’accorde aux tons de l’architecture intérieure : le rouge vif et le vert bouteille font écho au stuc des piliers et au marbre vert qui orne le travertin grège.
Léon Toublanc was a muralist born in La Rochelle, trained in fresco technique at the École des Beaux-Arts in Paris under Paul-Albert Baudoüin. In this a fresco mural, he unfolds a scene blending figuration and geometric abstraction: five figures move within a natural setting evoked by leafless shrubs and blue-green shores, punctuated by stylized white waves. The birds, reminiscent of the seagulls of the Seine—much like another fresco by the artist completed five years earlier at the ‘Palais des Consuls’—embody hope, freedom, and confidence in the future. The environment is fractured into a multitude of facets with contrasting colors. This palette harmonizes with the interior architecture: the vivid red and bottle green echo the stucco of the pillars and the green marble adorning the beige travertine.

Salle d'exposition / Exhibition hall
N° 10. Jean LESAGE (1910-1984), Jean-Claude MAUGER (1932-1981), Fresque de céramique, 1961. Céramique émaillée / Jean LESAGE (1910–1984), Jean-Claude MAUGER (1932–1981), Ceramic Mural, 1961. Glazed ceramic.
En 1961, le céramiste Jean-Claude Mauger et le décorateur Jean-Albert Lesage, amis et professeurs à l’école des Beaux-Arts de Rouen, créent cette œuvre constituée de 476 carreaux de céramique émaillée. Elle orne la halle du rez-de-chaussée, qui devait initialement abriter un marché. En considérant attentivement la composition, qui paraît abstraite au premier abord, il est possible de distinguer une étendue d’eau dominée par les bleus et les gris. Au lointain, une embarcation se profile entre deux côtes, suggérées dans des teintes brunes et vertes. Ce motif de vagues stylisées est animé par un jeu de textures, obtenu par un traitement de surface au scalpel ou à l’ébauchoir, mais également de reflets, grâce à l’usage alterné d’une glaçure mate et d’une glaçure brillante. La lumière frappe ainsi les carreaux de façon irrégulière et fait étinceler la paroi.
In 1961, ceramicist Jean-Claude Mauger and decorator Jean-Albert Lesage—friends and professors at the École des Beaux-Arts in Rouen—created this work, composed of 476 glazed ceramic tiles. It adorns the ground-floor hall, originally intended to house a market. Upon close examination, the composition, which initially appears abstract, reveals a body of water dominated by blues and grays. In the distance, a vessel emerges between two shores, suggested in brown and green hues. This motif of stylized waves is brought to life through a play of textures, achieved by surface treatments with a scalpel or modeling tool, as well as through reflections, thanks to the alternating use of matte and glossy glazes. Light thus strikes the tiles unevenly, making the wall shimmer.
